Réflexions personnelles, histoire du web québécois et conseils pour ceux qui veulent migrer vers .ca ou .quebec
Article en cours de rédaction.

Il y a des décisions qu’on prend un peu par instinct, un peu par attachement, et un peu parce qu’on sent que quelque chose ne tourne pas rond dans l’évolution du web.

Garder mon domaine .qc.ca pendant plus de vingt ans fait partie de celles-là.

Aujourd’hui, avec le recul, l’historique du registre .CA, la popularité mitigée du .quebec, et ma récente démarche de conversion vers tornade.ca, je peux dire une chose sans hésiter : j’ai eu raison de le garder.

Et si vous êtes un professionnel, un entrepreneur ou un passionné du web québécois, ce que j’ai appris peut vous éviter bien des pièges.

Retour dans le passé : quand les provinces avaient leurs propres domaines

Avant 2002, le web canadien était structuré d’une manière qui semble presque exotique aujourd’hui; chaque province avait son propre sous-domaine sous .CA.

  • Province
  • Colombie‑Britannique
  • Alberta
  • Saskatchewan
  • Manitoba
  • Ontario
  • Québec
  • Nouveau‑Brunswick
  • Î.-P.-É.
  • T.-N.-L.
  • Yukon
  • T.N.-O
  • Nunavut
  • .xx.ca
  • .bc.ca
  • .ab.ca
  • .sk.ca
  • .mb.ca
  • .on.ca
  • .qc.ca
  • .nb.ca
  • .pe.ca
  • .nl.ca
  • .yt.ca
  • .nt.ca
  • .nu.ca
  • Remplacement
  • .ca
  • .ca
  • .ca
  • .ca
  • .ca
  • .quebec + .ca
  • .ca
  • .ca
  • .ca
  • .ca
  • .ca
  • .ca

Note : Le Québec est la seule province à avoir obtenu une extension correspondant directement à son nom : .quebec. Toutes les autres ont migré vers .ca.

Le Québec avait donc son .qc.ca, un espace numérique distinct, utilisé par les institutions, les entreprises locales, les sites personnels, les clubs, les associations — bref, tout le monde qui voulait souligner qu’il faisait affaire au Québec.

C’était aussi l’époque où l’on réservait systématiquement le .com, symbole de prestige et de portée internationale. On le redirigeait simplement vers le domaine principal, souvent pour “faire sérieux” ou “paraître plus grand” surtout pour celles et ceux qui ont connus la « dot-com bubble ».

Mais les temps ont changé.

Aujourd’hui, le .com évoque davantage le commerce global, les grandes plateformes américaines, et une identité numérique qui ne correspond plus à la réalité québécoise.

Dans le contexte actuel, où plusieurs cherchent à affirmer leur autonomie culturelle et économique, on tend à s’en dissocier. Le .ca s’est imposé comme le standard national, et le .quebec comme une option identitaire forte — pendant que le .qc.ca, lui, reste le témoin d’une époque où le web avait encore des racines locales. Par contre, entre autres à cause du prix élevé des .quebec sa popularité ne lève pas et les gens ont l’impression que c’est réservé au gouvernement comme le gc.ca.

  • 1990
  • Le .qc.ca commence à être utilisé massivement au début des années 1990 :
    • ministères québécois
    • universités (UQAM, Laval, Sherbrooke…)
    • organismes publics
    • entreprises locales
    • premiers sites personnels (Cam.org, iQuebec, TotalNet…)
    C’est l’époque où le .qc.ca devient le visage numérique du Québec.
  • 2002
  • La grande réforme du CIRA : fin des nouveaux domaines provinciaux, ouverture des enregistrements directs sous .ca, simplification des règles, disparition progressive des .xx.ca.
  • 2005
  • Le .ca s’impose comme le standard national pour les entreprises, les institutions et les organisations canadiennes.
    Les domaines provinciaux deviennent marginaux.
  • 2008
  • Les .xx.ca disparaissent presque partout.
    Seul le Québec continue d’utiliser massivement son .qc.ca, devenu un symbole identitaire numérique.
  • 2014
  • Naissance du domaine .quebec, première extension provinciale identitaire au Canada.
    Le Québec devient la seule province à posséder une extension correspondant à son nom.
  • 2020
  • Le .com perd son prestige au Québec : associé aux géants américains, il ne correspond plus à l’identité locale.
    Les entreprises québécoises se tournent davantage vers .ca et .quebec.
  • 2026
  • Le Québec demeure la seule province avec une extension propre.
    Le .qc.ca subsiste comme relique historique, le .ca comme standard national, et le .quebec comme affirmation culturelle moderne.
    Les détenteurs existants obtiennent un droit acquis : un .qc.ca peut être conservé à vie, mais s’il expire, il est perdu pour toujours.
    Je choisis de le garder.

Conseils professionnels : comment migrer du .qc.ca vers .ca ou .quebec
Comme consultant, voici ce que je recommande à mes clients :

  1. Garder le .qc.ca actif à vie – Il est non recréable.
    Même si vous migrez vers .ca ou .quebec.
    C’est votre filet de sécurité.
  2. Créer le .ca comme domaine principal
    SEO, compatibilité, simplicité.
  3. Rediriger le .qc.ca vers le .ca
    Pour éviter les erreurs et conserver l’héritage.
  4. Conserver les courriels .qc.ca existants
    Mais créer les nouvelles adresses en .ca.
  5. Ne jamais laisser expirer un domaine provincial
    C’est une perte définitive.
  6. Évaluer le .quebec selon votre marque de commerce
    Il peut être utile pour certains projets culturels ou identitaires, mais ce n’est pas un standard.

Le .qc.ca n’est plus offert, mais il vit encore à travers ceux qui l’ont conservé.

Et si vous en avez un, prenez-en soin.

C’est un artefact numérique, un héritage, et parfois… un avantage.